Archive pour 2009

I) La machine à vapeur est le fruit d’innovations incessantes.

1/ De l’Antiquité aux travaux de Newcomen et Savery : des inventions espacées dans le temps qui n’aboutissent pas. 

Héron d’Alexandrie :

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C’est un mathématicien et ingénieur grec. Depuis l’Antiquité les hommes cherchent à utiliser les propriétés physiques de la vapeur d’eau. Héron d’Alexandrie invente une machine qu’il appelle éolipyle, il l’invente pour mettre en évidence la force motrice de la vapeur d’eau. Cette machine est une chaudière hermétique remplie en partie d’eau que l’on place sur du feu. De cette chaudière sort un tube creux relié à une sphère pouvant tourner autour d’un axe horizontal. De cette sphère deux autres tubes perpendiculaires à l’axe laissent sortir la vapeur qui par propulsion fait tourner la sphère. Il établit la loi de la réflexion de la lumière.

Abandonnées depuis Héron d’Alexandrie (entre le Ier et IIIème siècle), les recherches sur la vapeur sont reprises au XVIIème siècle, après la découverte de la pression atmosphérique. Denis Papin, élève de Huygens continue ces recherches, il s’inspire de l’expérience sur le vide faite par son maître Huygens à Paris en 1673.

Denis Papin :

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Denis Papin né à Blois en France le 22 Août 1647, fait ses études de médecine à Angers. En travaillant avec Christian Huygens il tente de mettre au point une pompe à air. Il travaille ensuite pour Robert Boyle et revient finalement travailler avec Huygens. En 1687 il est nommé professeur de mathématiques à Marburg, il travaille pour le Duc de Hesse qui veut que Papin lui trouve la machine capable de faire de beaux jets d’eau et c’est là-bas et pour cela qu’il invente sa première machine à vapeur et qu’il donne sa première théorie sur la machine à vapeur. Avant de faire un prototype de sa propre machine, il fait d’abord plusieurs essais et commence par substituer la vapeur d’eau par de la poudre à canon parce que la brusque condensation de la vapeur crée le vide partiel dans un cylindre où coulisse le piston. Le piston est enfoncé grâce à la pression atmosphérique, pour ramener le piston en place il faut inverser le processus mais pour cela il faut attendre que la machine refroidisse. La machine de Papin n’est donc qu’une tentative ratée mais qui met les autres chercheurs comme Otto Von Guericke, Thomas Newcomen et Thomas Savery sur la bonne piste. Le but de cette machine est de soulager les hommes des pires peines comme par exemple soulever des fardeaux.

Thomas Savery :

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Thomas Savery né en 1650 est mort en 1715, c’est un mécanicien anglais. Sa machine brevetée en 1698 est destinée à protéger les mines de l’infiltration des eaux. Elle est constituée d’une enceinte dans laquelle se condense l’eau et permet la création du vide partiel.

Thomas Newcomen :

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Thomas Newcomen né en 1663 à Dartmouth est mort en 1729 à Londres, il dirige une entreprise de métallurgie. On commence a s’intéresser à Thomas Newcomen à partir de la création de l’entreprise “Newcomen society for the study of history of engineering and technology”. Les membres de cette société s’intéressent vivement aux archives de la machine à vapeur de Newcomen et les résultats de cette recherche sont publiés sous le nom des  »Transactions de la Newcomen Society ». Les gens s’intéressent au problème du pompage mécanique de l’eau. Il existe plusieurs machines qui pompent l’eau comme la vis d’Archimède, la pompe à godets ou encore la pompe à chaine d’étoupe. Il faut malheureusement attendre 1860 pour que les scientifiques aient une idée précise des phénomènes thermodynamiques et nous nous rendons compte que les travaux de Galilée, de Torricelli, de Pascal, de Huygens, de Papin, de Von Guericke inspirent le travail de Newcomen. Si la machine de Newcomen s’impose rapidement pour le drainage des mines, celle de Savery est employée pour la première fois dans les années 1750 pour fournir l’énergie motrice nécessaire à certaines usines.

2/ Le Royaume-Uni, berceau de la Révolution Industrielle.

I) La machine à vapeur est le fruit d'innovations incessantes. dans I) La machine à vapeur est le fruit d'innovations inces laminoir-fer

Définir les principaux éléments qui sont à l’origine de la révolution industrielle au XVIII ème siècle est intéressant à traiter car la révolution industrielle est une étape majeure de l’histoire de l’économie. Ainsi, avec le recul nous pouvons analyser ce qui au cours de cette période permit l’émergence de la révolution industrielle au Royaume Uni et par conséquent à ce pays de se développer rapidement, alors que certains pays comme la France manqua le commencement de ce crucial cette économique. Cette étude est aussi utile pour comprendre comment arrive une évolution importante de l’économie et pour les acteurs industriels, financiers et politiques, de savoir discerner les temps et les prémices d’un changement radical et de pouvoir anticiper les bouleversements. De plus, la révolution industrielle marque pour la première fois un changement d’attitude et de progrès, par le développement d’un secteur d’activité: l’agriculture qui met un terme aux famines pour plusieurs raisons essentielles comme la transformation des structures foncières dans la deuxième moitié du XIXème siècle a été caractérisée par le mouvement des enclosures, il consistait à regrouper les terrains appartenant au même propriétaire et à les clôturer. Ainsi sur les terres regroupées, il a été possible de mettre en œuvre de nouvelles techniques de culture. Du coup de nombreux progrès sont apparus. Pour les produits, nous pouvons citer la pomme de terre, le maïs et les plantes fourragères qui modifient les cycles de culture. Et pour les outils de travail le remplacement de la jachère par l’assolement triennal. La répétition des labours, le défrichement de terre, l’amélioration des instruments agraires, les semences sélectionnées, et le développement de l’élevage entraine une terre beaucoup plus fertile. Ce qui  permet une forte augmentation de la population à partir de la deuxième moitié du 19e siècle, la population anglaise va connaître un accroissement rapide. 7 millions en 1700, 7,4 en 1750, mais plus de 10,5 million Anglais en 1800, soit un accroissement supérieur à 40 % en 50 ans. Cet accroissement correspond d’une part à la baisse de mortalités due au progrès de la médecine, et de l’hygiène ainsi qu’à l’amélioration des conditions de vie, et d’autre part, à une hausse du taux de natalité due à l’augmentation du pouvoir d’achat. Cela provoque la modernisation et l’essor d’autres secteurs d’activités (à savoir, le textile, la métallurgie et la sidérurgie). Durant ce XVIII ème siècle, nous y voyons aussi l’émergence d’innovations très simple en apparence que sont l’utilisation du charbon de terre ou encore le conditionnement de la fonte en barre, mais qui s’avèrent très efficaces en économie d’énergie avec toutefois des bémols sur les pollutions et les nuisances provoquées, et par leur aspect pratique notamment en faveur de la construction de ponts ou de bâtiments comme la tour métallique parisienne de Gustave Eiffel. C’est pourquoi, nous nous penchons sur,le contexte politique et social en France et au Royaume Uni. L’instabilité de la période révolutionnaire française et les conditions britanniques sont les éléments favorables à la révolution industrielle naissante au Royaume Uni mais freinée en France. Ainsi, on situe le commencement de la révolution agricole au Royaume Uni au début du XVIII ème siècle, alors que la France devra attendre 1830. La décennie de 1780 est un tournant constitutionnel en France par le passage en force du Tiers Etat par un coup d’Etat qui se proclame Assemblée nationale pour cela il y a une séparation rigide des pouvoirs; le pouvoir législatif appartient à l’Assemblée nationale : c’est une Chambre législative unique élue pour deux ans dont les membres ne sont rééligibles qu’une fois. Elle vote les lois et ne peut pas être dissoute. De plus le suffrage électoral est censitaire (réservé aux contribuables donc aux riches). Le pouvoir exécutif appartient au roi mais il n’est plus le roi de France, il devient le roi des français. Il perd sa souveraineté royale ainsi que son droit de grâce et de pardon. Sa personne reste inviolable et sacrée, mais il est exécuté le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (Concorde) à Paris.

Execution_de_Louis_XVI_le_21_janvier_1793 dans I) La machine à vapeur est le fruit d'innovations inces Exécution Louis XVI, place de la Concorde

Le roi n’est plus qu’un exécutant de l’Assemblée Nationale, son pouvoir se limite à son droit de véto législatif suspensif. Une loi votée par l’Assemblée Nationale à laquelle il oppose son véto ne peut devenir une loi qu’après avoir été votée à nouveau par trois législatives successives, soit au bout de 10 ans environ. Il est irresponsable politiquement, ses actes sont contre-signés par ses ministres : c’est le contre-seing. Le roi gouverne par l’intermédiaire de ses ministres choisis et révoqués par lui, mais qui ne peuvent pas être issus de l’Assemblée Nationale. Le 10 août 1792, après de nombreux conflits avec le roi qui utilise son véto suspensif, l’Assemblée Nationale concentre tous les pouvoirs entre ses mains et elle convoque une Convention chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Le 20 septembre 1792, la Convention abolit la monarchie. Celle-ci est un régime d’assemblée, c’est-à-dire une chambre unique disposant de l’ensemble des pouvoirs pendant 3 ans environ. Elle est le gouvernement révolutionnaire et de la Terreur. La Terreur qui désigne deux périodes de la Révolution Industrielle au cours desquelles la France est gouvernée par un pouvoir d’exception reposant sur la force, l’illégalité et la répression. Le nouveau régime révolutionnaire s’inspire de la raison et de la démocratie grecque, du concept de la République qui tire ses origines dans la Rome antique, du Siècle des Lumières et des idées de ses illuminés, ainsi que des adeptes d’organisations occultes. Ce changement violent de régime et l’exécution par l’exécution du roi de France, Louis XVI, souleva l’indignation, la peur et la résistance des Royaumes européens contre lesquels la France se retrouva en guerre ou en opposition. De plus, sur le plan intérieur, dès que les révolutionnaires prirent le pouvoir, ils spolièrent les biens de l’Eglise et de la noblesse, se partagèrent les ministères et les richesses entre-eux et ruinèrent rapidement les finances de la France. Il est manifesté que dans un tel contexte d’instabilité, de ruine et d’insécurité, les éventuels investisseurs financiers qui auraient voulu soutenir des innovateurs, des agriculteurs ou des industriels en France étaient à la fois rares et très méfiants. Ce qui provoqua donc une forte régression économique en France. Ce ralentissement des activités des entreprises françaises empêcha la naissance de tout progrès et freina l’arrivée en France de la révolution industrielle.

En revanche, au Royaume Uni comme le montre cette carte ci-dessous

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est composé de quatre territoires comprenant le Royaume d’Angleterre, la principauté de Galles, le Royaume d’Ecosse et l’Irelande du Nord est un archipel situé au Nord-Ouest de l’Europe bordé au sud par la Manche, à l’Est par la Mer du Nord et à l’Ouest par l’Océan Atlantique.  En 1534, Henry VIII devient le chef spirituel de l’Angleterre, à la place du pape. Puis sous le règne de Charles Ier Stuart une rupture brutale se produit : les notables se réunissent dans la chambre des communes aux intentions du roi. Le 30 janvier 1649 Charles 1er, doit faire face à une guerre civil, et est victime de la première révolution industrielle. Il est exécuté et remplacé par Olivier Cronwel, qui instaure une dictature personnelle est représenté ci-dessous:

cromwel8 Olivier Cromwel(1599-1658)

Elle ne survit que dix ans. En 1660, les Stuart remontent sur le trône. Sous la pression de l’opinion publique résultant des arrestations arbitraires, l‘Habeas corpus est une loi, votée par le Parlement anglais en 1679 sous le roi Charles II d’Angleterre, qui stipule que toute personne arrêtée par un puissant doit être présentée dans les trois jours devant un juge, qui peut décider de sa libération. Il faudra attendre presque cinq siècles pour que soit mis en place un véritable mécanisme de protection des libertés individuelles, une procédure précise. Enfin, le dernier Stuart ayant été chassé, le Parlement porte sur le trône sa fille et son gendre, Mary et Guillaume d’Orange. Le 13 février 1689, ces derniers concèdent au parlement. La Déclaration des Droits voit le jour, c’est un texte qui limite très sévèrement le pouvoir du roi au profit du Parlement. Cette «heureuse et glorieuse révolution», sans effusion de sang, met fin aux dissensions religieuses et entraîne l’instauration en Angleterre d’une monarchie parlementaire : le roi ne peut pas lever des troupes sans le consentement du Parlement, le parlement est librement élu, vote les lois, la protection des citoyens et la liberté individuelle sont garanties. Le Parlement, qui siège à Westminster, au cœur de Londres, est composé de deux chambres, l’une élue au suffrage universel pour cinq ans, l’autre héréditaire. La Chambre basse est l’une des deux assemblées composant le parlement et exerçant conjointement le pouvoir législatif avec la Chambre haute, héritage du passé aristocratique, contrôle et modifie les lois ; elle a une fonction modératrice. C’est une évolution importante qui favorise un environnement libéral propice à l’esprit d’entreprise. La noblesse anglaise devient entreprenante et  ne craint pas d’investir dans l’économie. Cette noblesse tire l’essentielle de ses revenus des terres (ou propriété-foncière). Cependant depuis la fin du XVIII siècle cette aristocratie est en concurrence avec les bourgeois qui se sont enrichis grâce au grand commerce maritime. La bourgeoisie anglaise présente plusieurs particularités par rapport à la bourgeoisie française que nous pouvons synthétiser; la persistance du modèle aristocratique diminue son autonomie et son rayonnement social externe. Elle est aussi profondément divisée régionalement entre le Nord et le Sud : nous distinguons la bourgeoisie des villes industrielles (Manchester, Sheffield, Liverpool, Birmingham et bien d’autre encore)  et la bourgeoisie de Londres liée au commerce international, les finances, les banques ou au secteur des services et des nouvelles industries organisées en sociétés anonymes représente une petite aristocratie. La première domine les villes nouvelles, la deuxième partage le pouvoir avec le « Landed interest » et noue des relations beaucoup plus étroites avec l’aristocratie et la gentry. Les industriels se caractérisent par une hérédité et une endogamie croissante à la différence des banquiers de la City qui sont plus ouverts sur le reste de la classe dirigeante. À la fin du XIXe siècle, l’écart se creuse par rapport aux autres bourgeoises en termes de richesse: 226 administrateurs des plus grandes sociétés (1900-1919) possèdent 39 543 livres de valeurs mobilières du patrimoine (à multiplier par 25 pour l’équivalent en francs 988 000 francs or) et avec moins d’identité de classe. Les hauts fonctionnaires à la même date ne détiennent en moyenne que 7 683 livres (192 000 francs) si nous comparons les écarts de fortune sont similaires à ceux des élites françaises. La petite bourgeoisie salariée et les professions libérales semblent former l’essentiel des classes moyennes en Grande-Bretagne du fait de la faiblesse relative des indépendants. Cette faiblesse relative est liée surtout à l’absence d’une conscience d’une identité propre : nous ne notons par exemple pas de mouvement de revendications de petits commerçants, petites et moyennes entreprises. La « middle class » ou classe moyenne n’a pas de vision propre de sa situation. Ces bourgeois « conquérants », qu’ils soient issus d’anciennes familles ou partis de rien s’imposent par leur connaissances techniques, leur esprit d’innovation et leur capacité à entreprendre. Très attachés à la liberté économique, au libéralisme, conscients de leur importance, ils accumulent propriété et capitaux qui leur procurent pouvoir et considération. Ils ont reçu une éducation généralement rigoureuse : l’importance de l’éducation par les études ainsi qu’une préparation à prendre la succession. La famille permet la réussite qui revient à augmenter le patrimoine familial ce qui soude la famille. De plus ils essaient d’épouser des personnes de hautes catégories sociales pour permettre l’ascension sociale; il y a donc une politique matrimoniale accompagné d’un attachement à la religion chrétienne. Ils ne tiennent pas à montrer leur richesse mais se font construire des hôtels particuliers en ville ou des résidences secondaires dans les stations thermales à la mode, lancées par l’aristocratie.

 Les nouvelles techniques dépendent des inventions et des innovations :

     

  •  L’invention, c’est une découverte d’une technique ou un procédé de fabrication.

  • L’innovation, c’est l’application de l’invention au processus de la fabrication.

L’invention et l’innovation ne naissent pas du hasard, elles correspondent à un besoin, ainsi au début de la révolution industrielle, la technique a été beaucoup plus, un facteur déterminé  par l’économique, qu’un facteur déterminant de l’économique.La révolution industrielle ne peut se réduire au phénomène du machinisme, autrement dit à la jonction de la machine outil, et la machine à vapeur, en tant que nouveau système technologique qui remplace l’ancien système basé sur l’outil.Son démarrage n’aurait certainement pas lieu, son conjugaison d’un faisceau de facteurs convergent à l’origine d’une grande synergie multi-sécteuriale :

     

  • Accumulation de capitaux.
     

  • Révolution agricole et apparition du surplus.

  • Essor démographique.
     

  • Urbanisation.
     

  • Infrastructures de communication.

Vu sous cet angle, la révolution industrielle est certainement la transformation économique et sociale la plus importante de l’histoire de l’humanité, elle a participé de façon décisive au passage d’une économie basée sur l’agriculture, et produisant des valeurs d’usage, à une économie basée sur l’industrie et produisant des valeurs d’échange, par l’utilisation, de plus en plus, systémique de machines.

3/ La machine à vapeur de Watt accelère la lente maturation des avancées techniques.

        jameswatt.jpg

James Watt, ingénieur britannique, apporte de nombreuses améliorations à la machine à vapeur, telles que le condenseur en 1769, l’action de l’alternative de la vapeur sur deux faces du piston en 1780, le volant, le régulateur à boules.
Il commence à travailler sur la machine à vapeur en 1763 lorsqu’il est employé comme technicien de laboratoire à l’Université de Glasgow. Alors qu’il souhaite réparer un modèle de la machine à vapeur de Newcomen, une étude attentive de ce mécanisme lui permet en 1765 de se rendre compte que le rendement peut être augmenté. Il veut pour cela dissocier le cylindre moteur de l’enceinte, dans laquelle se déroule la condensation de la vapeur.
En 1769 il dépose un brevet avec sa machine qui a un condenseur séparé, en 1773 il s’associe à Matthew Boulton. Mais la première machine est bien assez évoluée pour permettre à Watt et à Boulton d’avoir le monopole durant 25 ans. En 1783, Watt invente la transmission rectiligne qui porte aujourd’hui son nom. Watt parvient alors à combiner la transmission rectiligne et le pantigraphe (un système de transmission ayant une forme de parallélogramme déformable) pour créer le mouvement parallèle. En 1787 Watt adapte le régulateur à boule qui est relié à une soupape d’admission de vapeur. L’adaptation de ce régulateur sur les machines à vapeur marque une étape importante dans l’histoire de la rétroaction. Les machines de Boulton et de Watt mises en service au XVIIIème siècle incitent les ingénieurs et les constructeurs de l’époque à élaborer des machines encore plus performantes. Du point de vue du rendement, la machine à vapeur de Watt est deux fois plus efficace que la plus efficace de Newcomen. Les machines de Newcomen et de Savery continuent a être construite bien après que Watt les améliore. Boulton et Watt ne contruisent qu’un tiers des machines mises en service entre 1775 et 1800 (ces dates correspondent à la période sur laquelle leurs inventions sont protégées par un brevet).

Fonctionnement de la machine à vapeur de Watt  wattleg1.jpg                                 (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Watt au fur et à mesure de ses expériences se rend compte que la vapeur perd de la chaleur lorsque de l’eau froide est injectée pour la condenser. En effet, elle refroidissait également le cylindre. Ainsi, la chaleur de la vapeur était gaspillée au refroidissement, ce qui faisait augmenter considérablement la consommation de combustible. Watt opta pour un condenseur extérieur placé à côté du cylindre de travail. Et pour augmenter encore plus le rendement thermique, il borde le cylindre d’une chemise de vapeur pour le conserver à une température constante à celle de la vapeur introduite. Ainsi il déposa un brevet en 1769 pour cette nouvelle innovation. Par la suite, Watt inventa le double effet qui permit d’avoir un gain de rendement. Ce double effet correspond au fait que le piston travaille dans les deux sens (du bas vers le haut et du haut vers le bas). En effet, entre 1787 et 1800, les ateliers de Watt & Boulton sortirent un très grand nombre de ces machines dont la puissance était de 7.36 kw. Le procédé du fonctionnement est simple ; tout d’abord la chaudière chauffe l’eau pour la transformer en vapeur. Cette quantité d’eau est régulée par le flotteur relié à une corde. Lorsque le flotteur est trop bas, la soupape fixée au dessus de la chaudière, laisse passer l’eau vers la chaudière jusqu’à avoir un niveau d’eau « normal ». Cette eau provient d’une pompe de remplissage. Or celle-ci est alimentée par le condenseur qui reçoit de la vapeur qui se condense en présence de l’eau injectée par le tuyau pulvérisateur d’eau froide. Ainsi de l’eau se forme et est contenue dans la pompe.  Et lorsque le flotteur indique un niveau bas d’eau, la pompe transfert de l’eau dans la citerne qui alimente la pompe de remplissage. Et le niveau d’eau à chauffer prend alors le bon niveau.

 Ensuite la vapeur provenant de la chaudière se déplace vers le cylindre en passant par un tuyau. Ce tuyau participe à la régulation de la quantité de vapeur dans le cylindre. Pour cela l’ouverture de l’accès au cylindre de la vapeur au niveau de ce tuyau dépend du régulateur de Watt.

                                     Le régulateur de Watt 

               régulateur

Ce-dernier se compose de deux boules métalliques soutenues par deux tiges articulées PO et P’O au sommet O. Il y a aussi deux autres tiges, reliées au deux précédentes aux point P et P’, qui sont fixées au collet aux points M et M’. Lorsque la machine fonctionne au bon régime, l’écartement des boules permet à la fourchette reliée au collet de rester horizontales. Alors que lorsque la machine fonctionne trop, le collet se relève et les boules s’écartent entrainant la fourchette à appuyer sur la valve qui va commander le rétrécissement de l’accès au cylindre de la vapeur. Au contraire lorsque la machine ne fonctionne pas assez, les boules se rapprochent, le collet descend, la fourchette relève la valve et par conséquent l’accès au cylindre s’agrandit. Ainsi la vapeur accède au cylindre par deux voies distinctes d’où l’appellation de « double effet ».

                                                   Le cylindre

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 La vapeur entre dans le cylindre tantôt par le haut poussant le piston vers le bas, tantôt par le bas du cylindre engendrant la montée du piston. Le mouvement de translation du piston provoque le mouvement du balancier.

                                                   Le balancier

             balancier

Le balancier permet de transformer un mouvement de translation du piston en un mouvement de rotation pour faire tourner l’une des parties de l’arbre moteur, la « planète » qui s’emboîte avec l’autre partie appelée le « soleil ». Ainsi plus le soleil tourne vite plus la planète tourne vite et donc par la même occasion le volant tourne vite. Donc le soleil relié au régulateur de Watt permet de lui indiquer s’il faut actionner la valve ou pas.

                                           Le volant

               volant2.jpg

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Publié dans:I) La machine à vapeur est le fruit d'innovations inces |on 25 janvier, 2009 |Commentaires fermés

II) Le début d’une nouvelle ère : la Première Révolution économique et industrielle.

1/ La machine à vapeur gagne en puissance grâce au double effet.

Par définition, la puissance fournie par la Machine : Puissance = W/Δt  

a2.jpg
 

W étant l‘énergie transférée de la citerne (eau bouillante)W =  f2.jpg.ab.jpg         

     f22.jpget ab.jpgsont colinéaires et de même sens donc cos (  f21.jpg,ab.jpg) = 1

Donc  f2.jpg.ab.jpg = F . AB = F.L       avec L=llab.jpgll                         

Mais cette formule n’est vraie que si la force est constante, et Pression.Volume=constante par la loi de Mariotte à température fixée et à un volume constant or si le volume augmente alors la pression diminue et F n’est pas constante.

On fait donc une hypothèse : sachant que le volume de la chambre est négligeable par rapport au volume offert à la vapeur, donc même si le volume de la chambre diminue on peut considérer que le volume total est constant. Le volume étant constant, la pression est constante et on peut donc appliquer la loi sur le travail et la puissance.

Donc la pression est constante, on utilise donc la définition de Pascal :P = F/S

P : pression en Pascal   

F : force en Newton

 S : surface du piston en m²

Donc F = ΔP.S

La force étant constante, on peut donc dire que W = P.S.L

Et S.L = V    donc W = ΔP.V étant le volume balayé par le piston.

Donc Puissance= (ΔP.V)/ Δt

Et, pour maximiser la puissance, il faut donc :

  • Maximiser la pression

  • Maximiser le volume balayé par le piston.

Application Numérique

Avec des valeurs non – significatives :

Pression de la vapeur : 4 bar

Pression de la partie du cylindre sans vapeur : 1 bar

Donc  ΔP = 4 – 1 = 3 en bar

Or l’unité légale est le Pascal : 3 Bar = 3.10⁵ Pascal

On choisit aussi que le volume balayé par le piston équivaut à 1 litre.

1L = 10⁻³  m³

Donc W = ΔP.V = 3. 10⁵.10⁻³  = 300 en Joule.

On suppose aussi que le volant de la machine fait 600 tours par minute.

Donc le travail par minute est :

W/min = 300 * 600 = 180 000 J/min

Donc la Puissance = 180 000/ 60 = 3 000 Watt

Cependant, avec les forces de frottements, et dans la littérature scientifique on peut lire que l’on observe une perte de 66% de la puissance. La machine aura donc une réelle puissance de 1 000 Watt.

Peu après, Watt invente la machine à vapeur à double effet.

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En effet, sur la nouvelle machine, le piston fait un aller-retour.

Le travail est donc multiplié par 2

W’ = 2W

Donc Puissance’ = 2P

Si l’on reprend l’exemple, la nouvelle puissance sera de 2 000 Watt.

2/ Avec la généralisation de cette machine, un nouveau mode de production et d’économie apparaît.

La machine à vapeur, mise au point par Newcomen en 1712 et améliorée par James Watt en 1769, permet d’utiliser la force d’expansion de la vapeur. Elle est d’abord employée pour vider l’eau d’infiltration dans les mines, puis pour actionner des métiers à tisser et propulser des locomotives ou des navires. Les changements technologiques issus de la révolution industrielle se sont produits dans trois principaux secteurs : l’agriculture, l’industrie et  les transports. 

Au niveau industriel la machine à vapeur augmente la force de travail et fournit une énergie bon marché, ce qui permet d’augmenter les rendements et d’abaisser les coûts de production. Cette machine est adaptée à de nombreuses machines qui marchaient manuellement comme les métiers à tisser et bien d’autres. Ces anciennes machines qui sont très présentes dans les industries, ont donc permis à la machine à vapeur de s’insérer beaucoup plus rapidement dans les usines. Les industries sont donc de plus en plus équipées en machines à vapeur qui sont lourdes et encombrantes. Grâce à la machine à vapeur (de Papin, de Watt et celles des autres inventeurs) on a enfin une forme pratique de cette énergie que nous recherchions. On comprend alors qu’il suffit de combiner des mécanismes pour qu’ils accomplissent des tâches utiles et d’y ajouter l’énergie pour obtenir une machine plus performante. 

On retrouve aussi la machine à vapeur au niveau maritime; elle est adaptée aux bâteaux. La rame est remplacée par la voile qui est elle-même remplacée par la machine à vapeur. La navigation à vapeur commence alors sur les rivières, dans les ports pour les remorqueurs et aussi sur les trajets courts comme la traversée de la Manche. Cette machine à vapeur bouleverse non seulement la conception du navire, mais également les communications, le commerce mondial et enfin la maîtrise des océans. Les bâteaux à vapeur progressent rapidement aussi bien en nombre que sur un plan technique. C’est donc pour cela que vers les années 1830 les premiers steamers mettent dix jours de moins que les bâteaux à voiles les plus rapides pour faire la traversée New-York – Londres.

Les innovations techniques, comme la machine à vapeur qui est aussi présente dans le secteur de l’agriculture, et l’outillage beaucoup plus élaboré vont permettre la transformation d’une agriculture qui est principalement de subsistance en une agriculture de marché. Les outils qui sont en bois deviennent des outils en acier et en fer ce qui permet de réaliser plus rapidement le travail. La productivité est aussi grandement accrue par une application systématique des rotations de culture qui permettent de conserver la fertilité des sols et même de l’améliorer certaines fois. La productivité* agricole augmente entre 1650 et 1800 de 60% en Angleterre et de 20% en France. De plus en plus indispensable, la production de houille* est en effet multipliée par 5 au cours du XVIIIème siècle en Angleterre, elle passe de 2 millions de tonnes à 10 millions.

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Il y a des changements technologiques dans d’autres secteurs mais les conséquences sont moindres, par exemple dans le secteur de l’industrie cotonnière, l’adoption du métier à tisser mécanique, qui est inventé par Cartwright permet de travailler plus vite et de réduire les coûts de production. Dans le secteur de la métallurgie la technique du puddle* qui est inventée par Henry Cort en 1789 accroît la production de fer et d’acier qui sont plus résistants que la fonte qui est utilisée.
Cette nouvelle forme de production est appelée la “production de masse” du fait que l’on fabrique plus rapidement et avec des moindres coûts et elle a engendré une nouvelle économie : le capitalisme.

Depuis près de deux siècles, économistes et historiens tentent de comprendre pourquoi les sociétés européennes s’engagent à la fin du XVIIIe siècle dans une mutation économique qui aboutie à une croissance continue jusqu’à ce jour. Après de nombreuses recherches ils en déduisent que ce sont les innovations techniques du XVIIIème siècle (la machine à vapeur, le métier à tisser, les procédés métallurgiques ou encore l’utilisation du charbon) qui sont à la base de ce développement du capitalisme industriel. De 1770 à 1840, des inventeurs mettent au point des machines et procédés techniques qui font augmenter la production textile de manière exponentielle* : On passe de 500 000 heures pour filer 100 livres (1 livre : environ 500 grammes)  de coton en Inde à 2000 heures en Angleterre avec les nouvelles machines comme la mule jenny* et ensuite à 300 heures à la fin du XVIIIème siècle grâce à cette même mule actionnée par la vapeur. En Angleterre, l’accumulation de capitaux due au commerce mondial durant les XVIème et XVIIème siècles, la révolution agricole du XVIIIe siècle et les innovations techniques permettent d’enclencher un processus qui va rapidement toucher l’Europe du Nord et les Etats-Unis pendant le XIXe siècle. Au début du XVIIIe siècle, des progrès scientifiques et techniques décisifs sont intervenus dans le domaine de l’énergie (comme l’invention de la machine à vapeur  ou l’utilisation du charbon), de la métallurgie ou encore celui de l’agriculture. Dans le même temps, la révolution agricole du XVIIIème siècle entraîne une demande croissante d’outils de fer (ce qui est lié à la métallurgie). De même que pour l’industrie textile, des innovations techniques, de nouveaux procédés et des transformations de l’organisation du travail vont accroître la production pour répondre à une demande croissante. Il existe différentes organisations du travail comme la paternalisme; cela consiste à endoctriner la classe ouvrière avec les valeurs capitalistes. Il s’agit de rendre authentique le rapport salarial, et de faire obéir la classe ouvrière. Le rôle du paternalisme est de répondre aux problèmes rencontrés en prenant en charge l’ouvrier. Le paternalisme est défini comme le caractère familial des relations entre employeurs et employés. Le patron assume l’autorité et les devoirs d’un père à l’égard de ses “enfants salariés”. Il est responsable de leur bien-être en contrepartie de quoi ils lui doivent respect et obéissance. À cette époque on définie un patron comme “un père à qui Dieu impose l’obligation de remplir les devoirs de la paternité aussi bien au point de vue spirituel que matériel”. Plusieurs entreprises comme celle du Creusot (avec la famille Schneider) au XIXème et XXème siècle développent un management paternaliste, qui peut apporter aux ouvriers un certain nombre d’ avantages sociaux que la société ne peut encore leur fournir à tous comme l’éducation, le logement, les soins médicaux . L’idée qui est mise en avant est de prendre soin de « leurs » ouvriers afin qu’ils soient contents, et même fiers, de leur entreprise, productifs au travail et fidèles à l’employeur dans un modèle de “l’emploi à vie pour ses ouvriers”. Les patrons font alors miroiter aux employés l’idée de franchir des échelons au cours de leur vie professionnelle. L’une des manières de procéder est de remettre des décorations aux travailleurs méritants ou d’organiser des concours, tels des concours d’ordre et de propreté domestique, ce qui encourage les employés à faire toujours mieux pour être le plus récompensé possible; mais ce patronat a surtout mis en place des systèmes destinés à contrôler les ouvriers, les encadrer et à tenter de les emmener progressivement à un mode de vie sain, en rentrant donc dans un système de production. Après la 1ère Révolution Industrielle les acheteurs peuvent choisir ce qu’ils souhaitent. C’est le début de l’économie capitaliste, toutes les entreprises sont en concurences lorsqu’elles travaillent dans le même domaine afin d’avoir la meilleure rapport qualité prix pour le client tout en faisant un maximum de profit.

Lexique :

Technique du puddle : Cette opération consiste à brasser une masse liquide de fonte en ébullition pour faire baisser sa teneur en carbone et obtenir ainsi du fer ou de l’acier plus souple.

 Exponentielle : Qui se développe de manière rapide et continue.

Mule jenny : Machine à filer à énergie hydraulique.

Productivité : Capacité de production

Houille : Charbon naturel fossilisé qui est extrait du sol.

3/ La diffusion du modèle européen

Le Royaume-Uni aussi appelé berceau de la Révolution Industrielle est le point de départ cette nouvelle ère. Cependant, c’est le monde entier qui est touché par cette révolution et la création de nouvelles économies, de nouveaux modes de production ainsi que de nouvelles économies. Nous allons donc voir comment ces phénomènes issus de la Révolution Industrielle se sont diffusés à travers le monde.

La première Révolution Industrielle est marquée par l’invention de la machine à vapeur. Cette nouveauté permet donc l’abaissement du coût des transports. Aussi, dans le même temps, le télégraphe fait son apparition.  Ces deux découvertes permettent l’essor des communications à travers le globe, les transferts d’hommes, de biens, de capitaux et de savoirs. En effet, petit à petit un deuxième type de marché se développe : le marché extérieur. Les économies des pays s’ouvrent vers le reste du monde et vendent leurs produits à l’étranger. Au Royaume-Uni, 20% de la richesse produite était exportée. 

Au niveau économique, l’industrialisation et la production de masse rendent possible les échanges de biens entre différents pays industrialisés ou non. La colonisation permet d’intégrer une grande partie de la planète non industrialisée à cette mondialisation. Ces pays sont généralement riches en matières premières, les Européens en profitent pour se procurer des matières premières à bas prix et augmenter leurs exportations notamment comme le Royaume-Uni pour qui son exportation vers les colonies représente 30% de son revenu.   

Aussi, à partir de 1860, la mondialisation va s’accélérer puisque c’est à cette période que des systèmes bancaires vont se mettre à collecter beaucoup d’argent, ce qui va développer les banques d’affaires et les banques de dépôt et par conséquent va favoriser la circulation du capital pour alimenter la création de nouvelles entreprises et le marché mondial. Cela entraîne d’importants flux de populations. En effet, les paysans quittent progressivement les campagnes en raison de la Révolution agricole pour la ville qui peine à s’organiser face à cette hausse soudaine de la population. Cependant, nous remarquons aussi d’autres migrations, en effet nombreux occidentaux se dirigent vers l’Amérique ou encore l’Australie.  Mais la mondialisation ne concerne pas seulement l’économie, et l’industrie ; elle concerne aussi les mouvements culturels. En effet, de nouvelles cultures arrivent en Occident comme le japonisme, comme son nom l’indique inspiré de l’idéologie et de l’art japonais  ou l’orientalisme, inspiré du monde oriental. 

Cette diffusion de la Révolution Industrielle à travers le monde, l’augmentation importante des échanges d’humains mais aussi de biens, cette propagation des cultures déclenchent donc un processus où les hommes, les activités humaines, les structures politiques, les différentes économies deviennent dépendantes entre elles. Ce phénomène ne va cesser d’accroître cette interdépendance et contribuer à l’expansion des échanges et des liens entre les hommes.

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Publié dans:II) Le début d'une nouvelle ère: la 1ère Révolution Ind |on 25 janvier, 2009 |Commentaires fermés

III) La machine à vapeur par l’intermédiaire de la Révolution Industrielle bouleverse les sociétés.

1/ De nouveaux modes de vie apparaissent : la condition ouvrière et la bourgeoisie manufacturière.

Sous l’effet deux révolutions industrielles, les usines se multiplient et embauchent une main d’œuvre importante. Le nombre des ouvriers connaît alors une augmentation importante. Ces ouvriers connaissent des conditions de vie difficiles et vont se battre pour améliorer durant toute la période qui va du début XIXème aux années 30.

En liaison avec la forte croissance démographique du début du XIXème siècle, les campagnes se dépeuplent, l’exode rural se généralise entre1850 et le début du XXème siècle et des millions d’hommes fuyant la misère se dirigent vers les villes dans l’espoir de trouver un emploi. Parmi ces derniers on trouve des artisans dont le nombre ne cesse de diminuer à cause de la montée de l’industrie qui en produisant en masse propose des produit à bas prix. Ainsi les petits artisans face à ces usines ne vendent plus. En effet comme aujourd’hui les acheteurs choisissent en fonction du prix. Et enfin les ouvriers majoritaires sont les ouvriers d’usine qui forment le prolétariat. Les industries marquent le paysage urbain et occupent le cœur de la ville ou la périphérie proche de la banlieue. Celle-ci est alors confrontée à la capacité de logements et les nouveaux venus s’entassent alors dans des taudis sordides et insalubres: caves, greniers… sans confort. L’hygiène étant absente les maladies comme le choléra se développent et entraînent une espérance de vie courte. Les ouvriers sont mal payés et plus de 85% de leur budget est consacré à leur loyer et à la nourriture. La vie des ouvriers est alors marquée par la précarité et les faibles salaires ne permettent guère d’économiser et la première difficulté (chômage, maladie, accident du travail) plonge la famille dans la misère. Les ouvriers majoritaires sont les ouvriers d’usine qui forment le prolétariat. Les conditions de travail sont aussi difficiles pour ces prolétaires qui vendent leur force de travail contre un maigre salaire. Les journées de travail sont longues (plus de 12 heures par jour du lever au coucher du soleil qui dure toute l’année) et les congés n’existent pas. Cependant à l’exemple des Schneider en 1850, de nombreux patrons ont une politique paternalisme. Ce mode utilisé pour diriger une entreprise à sous ses apparences flatteuses de nombreuses contraintes. Le paternalisme permet d’offrir à des ouvriers un logement, des hôpitaux mais cela crée une dépendance des ouvriers qui lorsqu’ils perdent leur emploi perdent en même temps leur logement. De plus les ouvriers sont soumis aux crises et ils connaissent fréquemment le chômage qui peut atteindre des chiffres élevés comme lors de la crise de 1929 ( 3 millions de chômeurs en 1929 et 13 millions en 1932 soit 25% de la population active). Certains métiers comme les mineurs dans les bassins houillers sont dangereux et les accidents liés aux éboulements peuvent avoir des conséquences dramatiques et mortelles. Femmes et enfants se retrouvent alors seuls et doivent travailler constituant une main d’œuvre bon marché. On voit aussi que de nombreuses lois sont signées mettant en place de nouvelles distinctions entre patron et ouvrier qui pourraient même être qualifiées de discriminatoires. En effet, en cas de désaccord entre patron et ouvrier, le code civil de 1804 permet au patron d’être cru sur parole. De plus le livret ouvrier apparût en 1803 suit l’ouvrier tout au long de son parcours salarial. Il est noté son emploi et son comportement au travail. Les ouvriers passent la majorité de leur journée au travail et pourtant fumer et boire est illicite pendant les heures de travail. Les problèmes posés par le développement de la classe ouvrière deviennent de plus en plus aigus et les hommes vont essayer de combattre cette situation.

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On voit apparaitre avec l’industrialisation de nouvelles classes sociales : la bourgeoisie manufacturière surnommée oppresseur et qui s’élèvent socialement notamment grâce à leurs usines au détriment des classes ouvrières qui eux sont les prolétaires et qui détruisent leur santé en travaillant dans des conditions exécrables. Ainsi par solidarité les ouvriers ayant pris conscience qu’ils appartiennent à une même classe sociale, se regroupent pour montrer leur mécontentement quant à leur situation qui semble ne pas préoccuper l’Etat. Ils vont donc mener des luttes et celles-ci se sont d’abord exprimées en dehors de toutes structures par la grève seul moyen de revendication pour dénoncer ces dures conditions de travail. Elles sont nombreuses et sont réprimées violemment par l’armée engendrant des morts. Cependant le droit de grève est reconnu en France en 1864. Peu à peu les ouvriers s’organisaient en syndicat pour faire valoir leur revendication et en 1884 la lois les y autorisent. Certain sont réformistes c’est à dire qu’ils pensent obtenir des meilleurs conditions par la négociation et d’autres révolutionnaires qui veulent montrer leur désaccord par de grande révolte. Tous ces syndicats se rejoignent en un point, ils organisent la lutte et revendiquent une amélioration des salaires, une baisse du temps de travail et les 1er mai devient une journée de grève et d’action pour les ouvriers. La CGT et le premier syndicat unitaire fondé en 1895 et se donne une doctrine à travers la Chartre d’Amiens en 1906 est appelé à la grève générale pour abattre le système capitaliste. En Mai/Juin 1936, une nouvelle forme de grève apparait : les « grève sur le tas », c’est à dire avec occupation pacifique des usines. C’est un moyen efficace de pression contre le patronat. Dès le XIXème siècle, des théoriciens contestent le libéralisme économique provoquant selon eux chômage et misère ouvrière. Marx et Engels sont les premiers grands théoriciens du socialisme et publient en 1848  » le manifeste du parti communiste » dans lequel il dénonce l’injustice de cette société. En France la SFIO naît en 1905 et Jaurès, leader socialiste fait confiance à la République et au suffrage universel pour émanciper les travailleurs. La contestation de la société ouvrière débouche néanmoins sur des progrès.

A partir du début XXème siècle, l’amélioration de la condition ouvrière est sensible. Elle est liée à la période de croissance et les employeurs concèdent plus facilement des augmentations salariales et de ce fait le niveau de consommation des ménages s’élève lentement : en 1937 même si les ouvrières parisiens consacrent encore une part importante de leur budget à la nourriture et au logement ( 70%), ils ont des revenus plus élevés et peuvent consacrer 9% au soins personnel et 2,5% au loisirs. Ceux-ci se développent et les ouvriers découvrent de nouveaux loisirs comme le cinéma et certaines pratiques sportives se développent comme le football, le vélo… Il est vrai que le pouvoir d’achat en France entre 1840 et 1940 est multiplié par 2.

Les Etats interviennent de plus en plus dans les rapports sociaux et élaborent une législation sociale qui se traduit par une loi accordant le repos hebdomadaire, la journée de 8 heures , les premières assurances sociales (chômage, vieillesse) et en 1936 par la semaine de 40 heures et les congés payés. On observe aussi que les enfants et les femmes travaillent eux aussi, à cause du fait que le salaire du mari soit trop bas pour subvenir au besoin de la famille, voient leur temps de travail réduit et que dès après en on ne peut plus laisser un enfant moins de 8 ans travailler. On va même instaurer une école publique gratuite et obligatoire qui va permettre d’avoir une population française dans les générations suivant alphabète contrairement à avant. L’époque du front populaire représente un vrai progrès pour la condition ouvrière et marque durablement les esprits.

A partir de la fin du XIXème siècle, grâce à l’action de l’église des syndicats, des partis politiques, la condition ouvrière s’améliore peu à peu.

La bourgeoisie :

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Dans les anciens régimes, les élites étaient l’aristocratie foncière qui tirait leurs bénéfices de leurs terres. Ainsi ces derniers ont permis le « take-off » de l’industrie notamment au Royaume-Uni avec leurs investissements. Cette aristocratie est concurrencée par les nouveaux bourgeois du XVIIIème. Ce sont la plupart des banquiers et chef d’entreprises qui grâce à la révolution industrielle se hissent au premier rang. Et d’autre ne sont partis de rien comme Carnegie qui s’impose par les connaissances techniques, leur esprit d’innovation et leur capacité à entreprendre. Très attachés à la liberté économique, conscient de leur importance, ils accumulent propriétés et capitaux qui leur procurent pouvoir et considération. Ils ont eu une éducation très rigoureuse. En Effet les bourgeois sont attachés à des valeurs morales notamment dans l’éducation des enfants, dans les liens familiaux. Ils veulent qu’elle soit soudée pour préserver le patrimoine de la famille (qui peut être une entreprise cédée de père en fils comme les Schneider). Ils choisissent aussi les maris ou les femmes de leurs enfants. En effet, pour continuer leur ascension sociale, les bourgeois se marient entre bourgeois et aristocrates. Toutefois face aux guerres et crises, elle souffre à cause de l’inflation causée par ces crises mais cette souffrances et moindre que celle vécue par les ouvriers qui à ces moment n’arrivent pas quelque fois à se nourrir. On voit aussi maintenant les classes moyennes commencent à s’enrichir. Cette classe se compose de cadres, ingénieurs ou avocats par exemple, ces derniers connaissent des difficultés car elles sont concurrencées par la grande industrie à un moment où leurs économies sont laminées par l’inflation après 1918.

Dans ce même moment apparaissent des activités de services nécessitant des cadres appelés « cols blancs » qui veulent à tout prix se démarquer des classes populaires appelées « cols bleus ». Ils s’en distinguent non seulement par les vêtements, mais aussi par la culture, le mode de vie, même si leurs revenus ne sont guère plus élevés. Toutes les composantes de cette classe sociale se rattachent à la valeur de l’élévation sociale et soutiennent les partis centristes ou dit radicaux mais en crise se rapprochent des partis extrémistes puisqu’en période de récession on assiste à d’éventuelles paupérisations : les classe moyennes deviennent des classes laborieuses.

2/ L’éxode rural favorise l’élévation sociale de la classe ouvrière.

Au début du XIXe siècle, l’Angleterre est le pays le plus puissant du monde. C’est là que se trame une révolution qui aura autant d’impact sur l’humanité que l’apparition de l’agriculture. À cette époque, le monde est réuni au sein d’un système économique hérité de l’expansion Européenne. De nombreuses routes commerciales relient les quatre coins du globe, ce qui permet aux populations nordiques d’amasser suffisamment de ressources et de capitaux pour mettre en branle la révolution industrielle. La planète est mise au travail pour combler les besoins croissants de la population. La révolution industrielle coïncide avec une augmentation sans précédent de la population mondiale.

III) La machine à vapeur par l'intermédiaire de la Révolution Industrielle bouleverse les sociétés. dans III) La machine à vapeur par l'intermédiaire de la révo revoli4

Un plus grand nombre de bouches à nourrir impose des changements énormes qui marquent la fin de plusieurs millénaires d’autosuffisance en agriculture. L’Europe coloniale domine le monde et se tourne vers ses colonies pour satisfaire ses besoins alimentaires. Dans un premier temps, les colonies fournissent des biens de luxe comme le thé, le café, le cacao et le sucre. À la fin du siècle, elles approvisionnent l’Europe en ressources alimentaires de base comme les grains, la viande et les produits laitiers. La demande croissante entraîne une augmentation substantielle des surfaces cultivées sur l’ensemble des continents, la plupart du temps au détriment des cultures vivrières. Jusqu’au XIXe siècle, les campagnes abritent presque 97 % de l’ensemble de la population mondiale. Nous le verrons dans le tableau ci-dessous :

Pourcentage de la population rurale.

1851

1885

1911

France.

75

64

56

Royaume-Uni.

48

31

22

Allemagne.

70

49

40

Etats-Unis.

86

66

54

Russie.

92

87

81

Des milliers de paysans et d’immigrants investissent bientôt les nouvelles cités industrielles, lieu de prédilection de la révolution industrielle. L’absence de travail, la misère, l’augmentation du prix des terres, mais aussi l’espoir d’une vie meilleure avec un salaire fixe indépendant des aléas de la nature et permettant de se procurer plus que le nécessaire. Au fur et à mesure que s’ouvrent les usines, que se mécanise l’agriculture, quelques innovations technologiques permettent de produire toujours plus et ce, à des distances toujours plus grandes de leur lieu de consommation. D’une part, le transport par bateaux à vapeur et par chemins de fer ainsi que la réfrigération et la congélation des denrées périssables rendent possible l’ouverture de nouvelles routes commerciales. Simultanément, la mécanisation fait qu’on accomplit une quantité de travail plus grande en moins de temps. Elle favorise aussi l’émergence d’un mode de culture beaucoup plus rentable à court terme : la monoculture. Ce nouveau procédé, qui épuise rapidement les sols, rend les agriculteurs dépendants des fertilisants d’origine chimique que les entreprises leur vendent. De plus, ces facteurs combinés font en sorte que les fermes deviennent plus grandes et moins nombreuses. Paradoxalement, elles embauchent moins de travailleuses et de travailleurs agricoles. Cela permet un accroissement de la population, les villes augmentent en nombre, en grandeur et en influence économique. Entre 1900 et 1980, le nombre de citadins passe de 10 % à plus de 50 %. Depuis, l’exode vers les villes paraît sans fin. Plus de trois milliards de personnes y habitent désormais. La classe ouvrière est en crise, cependant elle compte encore cinq à six millions de salariés. Cette classe a perdu sa « conscience de classe », moteur de la lutte sociale. Aujourd’hui elle est très marquée par l’individualisme et par la recherche d’un lendemain stable face à la précarité, au chômage et à la mondialisation capitaliste. La rupture des unités de production a profondément ancré la classe ouvrière dans une crise matérielle et morale. La Classe ouvrière est apparue en France, au XIX e siècle avec la Révolution industrielle se caractérisant par le passage d’une économie rurale, artisanale à une économie industrielle et capitaliste. Elle se définit aussi comme le prolétariat. Selon Karl Marx c’est la classe sociale opposée au Capital, une classe sociale étant un groupe d’individus homogènes selon certains critères. Le prolétariat ne dispose pas des moyens matériels de production détenus par le Capital et se voit donc dans l’obligation de vendre sa force de travail à la classe antagoniste pour survivre. Nous parlons aussi de culture ouvrière car elle possède des normes, des valeurs, un mode de vie propre à elle même. Numériquement et depuis la Révolution Industrielle la classe ouvrière a longtemps été considérée comme la plus importante. Cependant, à partir des années 1960, à cause de l’émergence des employés nous constatons une diminution du nombre d’ouvriers. Puis à partir de 1970-1980 cette diminution va s’accélérer avec les chocs pétroliers, la désindustrialisation. Ce déclin entamé à partir des années 1960 n’a t-il pas entrainé une disparition de la classe ouvrière? Nous analyserons les différents facteurs qui ont conduit à ce déclin puis nous verrons en quoi malgré tout, la classe ouvrière perdure. L’apparition de la classe ouvrière fut l’une des principales conséquences de la révolution industrielle dans les pays capitalistes développés. Une classe est un groupe social avec des caractéristiques communes, une identité, un projet. Le prolétariat au sens marxiste est la vision d’une société duale diamétralement opposé des classes sociales qui correspond au déclin numérique et culturel de la classe ouvrière et laisse entendre une disparition des classes sociales ainsi que de la lutte des classes au sens marxiste du terme. Cependant, nous appréhendons les classes sociales dans une acception plus large: les classes sociales sont alors un ensemble d’individus ayant une caractéristique économique commune (revenus, patrimoines à peu près équivalents). Les professions et catégories socioprofessionnelles sont un outil relativement proche de cette notion de classes sociales. Le déclin de la classe ouvrière marque la disparition des classes au sens marxiste du terme. Elle est de moins en moins repérable. Nous observons un déclin numérique des ouvriers parallèlement à la montée des autres professions et catégories socioprofessionnelles liés surtout au secteur tertiaire. Nous allons l’étudier à l’aide du tableau de l’évolution du rapport entre les «ouvriers» et les «cadres et profession intellectuelles» :

1985

1990

1995

2002

Services

11,6%

(1 468)

16,5%

(2 084)

13,6%

(1 907)

17,1%

(2 411)

15,4%

(2 358)

16,7%

(2 552)

17%

(2 926)

16,6%

(2 862)

C

O

C

O

C

O

C

O

Pour la lecture : C : cadres

O : ouvriers

Source: INSEE, Enquêtes sur l’emploi (en mars de chaque année)

Entre 1985 et 2002 la part des ouvriers dans l’industrie et le bâtiment à diminuer de 4,8%. Ce tableau fait apparaître un lent déclin du poids des ouvriers dans l’industrie avec toutefois une stabilisation de ce poids depuis 1995. Ce déclin est en partie compensé par une stabilisation de leur poids dans le secteur tertiaire qui est au alentour de 16.5%. Comme ce secteur est en expansion, nous pouvons dire que l’avenir de la catégorie ouvrière, en termes de nombre d’emplois, est dans le secteur tertiaire. Il y a aujourd’hui presque autant d’ouvriers dans le tertiaire que dans le secondaire, alors qu’en 1985 il y en avait deux fois moins. Cela montre que la classe ouvrière reste, en effectifs, d’une importance loin d’être négligeable. Les effectifs ouvriers ont même peu diminué de 1985 à 2002. Ce qui entraine la fin de la lutte des classes au sens marxiste car la société semble plus se diversifier que se polariser sur deux classes sociales en lutte comme le voyait Marx. L’expression « classe ouvrière » désigne une catégorie sociale considérée comme une unité concrète et caractérisée par ses conditions de vie mais aussi ses comportements. Le terme connote une expérience commune, laquelle en 1914, se matérialise avec, sinon une réelle conscience des classes, du moins une solidarité de fait. Mais l’hétérogénéité de la classe ouvrière n’est pas exclue. Les ouvriers représentent 30% de la population active en 1914. Mais le terme recouvre des réalités diverses. A côté de disparités verticales (entre ouvriers qualifiée, ouvriers spécialisés et ouvriers non qualifier) existent des disparités horizontales : les femmes représentent 30% de la classe ouvrière ; les travailleurs immigrés (surtout belge et italiens) attirer par la pénurie de main d’œuvre qui précède la guerre suite à la politique malthusienne de baisse de fécondité, représente environ 3% de cette classe. Les ouvriers sont dans la grande majorité des salariés, c’est-à-dire qu’ils vendent leur force de travail et sont par là dépendant du salaire fixe de l’employeur. Malgré de forte disparité entre région ( Paris/ Province ), entre emplois de qualifications différentes et entre les sexes (en 1914 le salaire horaire des ouvrières est égale à la moitié des ouvriers), le salaire annuel s’oriente globalement à la hausse, pour atteindre environ 22000 francs , ce qui se traduit par un pouvoir d’achat qui double entre 1850 et 1914 Le mode de vie ouvrier disparait, noyé dans une consommation de masse et un mode de vie moyenné (normes médiatiques de consommation). La croissance rapide du pouvoir d’achat des ouvriers passe de 3,5% à 5% jusqu’aux années 1975 ce qui explique cette modernisation des modes de vie. Là encore la lutte des classes devient moins évidente puisque les ouvriers finalement profitent de la croissance économique et voient leur situation s’améliorer. Nous ne sommes pas dans une logique de paupérisation au sens de Marx et la modernisation ambiante remet en cause largement la lutte des classes.

3/ La création d’une société de consommation.

La machine à vapeur et ses applications ont eu d’importantes conséquences sur notre société. Ainsi avec ces mutations, nous avons pu observer la création d’une société de consommation.

La Révolution industrielle et la machine à vapeur ont entrainé une révolution agricole. L’introduction de la mécanisation puis plus tard des engrais (industrie chimique) ont permis une augmentation des denrées alimentaires, ce qui a mené à la disparition des famines. Ce phénomène entraîne donc une augmentation de la population. Ainsi la population de l’Europe a doublé et celle de l’Amérique a été multipliée par 5 lors de la première Révolution Industrielle. Au même moment, toujours grâce à la machine à vapeur, le monde connaît une Révolution des transports, une multitude de lignes de chemins de fer sont donc créées. La première ligne de chemin de fer en France a été créée en 1823. Ces deux Révolutions stimulent donc une industrie puisque une main d’oeuvre abondante existe et qu’elle peut se déplacer vers les villes où se trouvent la plupart des industries. On assiste donc à un important exode rural. Aussi, avec une population de plus en plus importante, nous observons une hausse de la demande sur le marché, en priorité sur les biens de première nécessité comme le textile, le premier secteur à posséder la machine à vapeur dans ses usines. Pour répondre à une demande en forte croissance, l’industrie produit de plus en plus. Ainsi la richesse créée croit fortement. Le PIB (Produit Intérieur Brut) mondial a été multiplié par 2,4 de 1870 à 1939 avec un taux de croissance moyen environnait les 2 à 3% pour la période. Cette hausse de la production augmente donc l’offre du marché, ce qui va en conséquence faire baisser les prix. Egalement, durant cette période de mutations, beaucoup d’entreprises ont été créées, ce qui conduit à une concurrence de plus en plus rude qui oblige les entreprises à ne cesser d’innover. La baisse des prix permet à une population de plus en plus urbaine d’acheter des biens et de consommer. Ce d’autant que les salaires augmentent sur le long terme. Effectivement le salaire annuel moyen des ouvriers français est passé de 12 000 francs en 1850 à 25 000 francs en 1939, il a donc quasiment doublé. Cette hausse générale des salaires permet ainsi une élévation du pouvoir d’achat, les consommateurs achètent plus. Un tel pouvoir d’achat est inhabituel dans les sociétés, ainsi les anciens moyens de paiement ne sont plus assez performants. Deux nouveaux types de monnaies apparaissent donc, la monnaie fiduciaire c’est ce que nous appelons quotidiennement des billets, ces derniers remplacent petit à petit les pièces métalliques en or ou en argent; et la monnaie scripturale, aujourd’hui l’équivalent d’un compte en banque. En effet les personnes venaient déposer leur argent dans des banques de dépôt. Aussi, un autre mode de paiement apparait, le crédit grâce à la banque de dépôt. Les consommateurs ont à présent la possibilité de payer en plusieurs fois. Ces nouveautés permettent l’amélioration des achats et encourage ainsi la consommation de biens. Nous pouvons dire qu’une société nouvelle est apparue : une société de consommation, où les populations sont stimulées par un nouveau mode de communication, la publicité. Pour attirer les clients et résister à la concurrence, les entreprises mettent toutes les chances de leur côté et par conséquent une réclame abondante apparait par biais d’affiches qui envahissent progressivement les murs des immeubles, principalement en ville.

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Publicité pour le Bon Marché

Le monde est donc différent car les sociétés ont évolué. En effet nous sommes passés d’une société où un bien était un objet précieux car rare que l’on transmettait de génération en génération à une société où les biens sont des biens de consommation à présent familiers et de plus en plus ordinaires. L’acte d’achat s’en trouve ainsi transformé avec l’apparition de nouveaux magasins comme le « Bon Marché » crée en 1852 par Aristide Boucicaut. A l’époque l’enseigne porte bien son nom en misant moins sur la qualité des objets mais sur le prix peu élevé et la quantité vendue. Les magasins préconisent aussi une jolie présentation et les réclames. C’est en suivant les besoins et la volonté des consommateurs qu’Aristide Boucicaut a fait du Bon Marché ce qu’il est aujourd’hui. C’est avec des exemples comme celui-ci que nous percevons réellement la mutation des populations pour se transformer en véritable société de consommation et devenir de plus en plus dépendante de ces biens.

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Magasin du Bon Marché, peu après sa création

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CONCLUSION :

 

Après avoir étudié l’arrivée de la machine à vapeur dans le monde industriel, nous avons pu observer qu’elle a réellement bouleversé les sociétés dans le domaine économique et social. En effet, une économie capitaliste et une production de masse apparaissent engendrant l’élévation sociale de la classe ouvrière et la création d’une société de consommation. Ainsi, la machine à vapeur par l’intermédiaire de la révolution industrielle a modifié nos sociétés, or ces dernières se modifient encore aujourd’hui. Nous pouvons donc en conclure que de nouvelle innovation de notre époque ont permis ce bouleversement incessant.

Pouvons-nous donc en déduire pour autant que les changements de notre société dépendent de l’arrivée de nouvelles machines ?

Merci de votre visite et d’avoir pris de votre temps pour lire notre travail.

BEN THAYER Abir

GOUJAT Laurine

MOSENGOY Amandine

PEJU Marie

Sources :

Musée des Arts et Métiers – Paris

www.intellego.fr

http://fr.wikipedia.org

http://www.universalis.fr

http://atoutevapeur.free.fr

Livre de 2nde, Laurent Bourquin.

Livre les machines, édition Regards traduit de l’anglais par Philippe Bredèche année 1979

La France de la monarchie absolue livre 2nde Histoire édition Nathan (les fondements du monde contemporain) année 2000.

Histoire 1ère  L- ES édition Bréal année 2003

Histoire 1ère L-ES édition Hatier année 2003.

La Révolution Industrielle au Royaume-Uni, J.P Rioux.

 

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Publié dans:La conclusion |on 14 janvier, 2009 |Commentaires fermés

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